La maison Kammerzell est un joyau de bois sculpté à ne manquer sous aucun prétexte

Nous sommes au centre de Strasbourg. Et lorsque l’on vient de la rue des hallebardes, il est impossible de détacher son regard du numéro 16 de la place. La maison Kammerzell, avec la cathédrale en arrière-plan, arrive à ancrer notre regard à hauteur d’homme. Cette bâtisse Renaissance arrive comme par magie à occulter « der Münster ».

Un livre d’histoire taillé dans le chêne

Bien des touristes arrivent en Alsace avec une réelle envie de voir de pittoresques maisons à colombages. Oubliez cela! Oubliez-les au profit du sommet absolu de la Renaissance rhénane. La maison, a été érigée en 1427 sur une base en grès rose des Vosges. Plus d’un siècle et demi plus tard elle a été métamorphosée par Martin Braun. Ce riche négociant en fromages était bien décidé à afficher sa réussite. Le résultat ? Une façade spectaculaire où chaque poutre en chêne massif a quelque chose à dire aux passants du statut du propriétaire.

Je vous dirai bien de prendre deux minutes mais c’est largement insuffisant pour lever la tête et observer les détails sculptés à même le bois :

  • Les allégories humanistes : les vertus cardinales, les cinq sens, les signes du zodiaque et les âges de la vie se côtoient sur les sablières;
  • Le jeu des 75 fenêtres : avec leurs vitraux en cul-de-bouteille sertis de plomb, elles scintillent au soleil couchant comme de petites écailles de verre ambré;
  • L’encorbellement vertigineux : chaque étage s’avance au-dessus du vide pour gagner de la place sur la rue, couronné par une immense toiture alsacienne à forte pente;

Pour un marchand fortuné, il ne suffit pas d’être riche, il faut également être érudit en cette fin de XVI ème siècle. Sa maison est un véritable manifeste et sa postérité repose sur ce seul acte ostentatoire.

Pourquoi vous ne devez pas repartir sans y entrer

Regarder la façade depuis le parvis est incontournable, mais pousser la porte l’est tout autant. Aujourd’hui transformée en restaurant, la maison se visite aussi de l’intérieur.
L’escalier à vis en pierre, des boiseries lustrées et des recoins feutrés préservent cette ambiance médiévale. Et tout cela concoure à nous plonger immédiatement dans une autre époque.
Les fresques de Léo Schnug, peintes au tout début du XXe siècle,célèbrent le folklore rhénan et l’esprit rabelaisien. C’est en parfaite adéquation avec ce qui est devenu une adresse gourmande.
C’est un restaurant qui sert l’une des choucroutes les plus réputées de la région dont la fameuse choucroute aux trois poissons. Le must est qu’est servie dans des salons lambrissés avec vue contre-plongeante sur la cathédrale.

Il s’agit là d’un édifice qui justifie déjà, à lui seul, un séjour à Strasbourg!

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