Voyage à Avignon – 2023

Alors qu’Aviva était chez les scouts, ce voyage était l’occasion de faire découvrir le théâtre amateur à Alinoah.
Direction Avignon, donc, pour se faire quelques spectacles.

Duos des eux

Impro Club d’Avignon
3, rue Rateau, 84000 Avignon

Chaque soir, deux comédiens de la compagnie d’improvisation viennent partager une petite heure avec nous, public. Nous avons eu le plaisir de découvrir Nabla Leviste et Jean-Marc Guillaume, deux acteurs qui se proposaient de nous guérir du rire… car le rire tue.
Je ne vous cacherai pas que le contrat n’a pas été rempli car la salle a ri de bout en bout. Je ne sais pas pour les autres spectateurs, mais j’affirme que pour moi et ma famille tout s’est bien passé : personne n’est mort durant la soirée.
J’étais content de ne pas faire l’impasse sur le théâtre d’improvisation. C’est une discipline qui réserve toujours des surprises qui font trébucher mais jamais tomber ces excellents comédiens.

Lolla Wesh

Au théâtre de l’Ange
15 Rue des Teinturiers, 84000 Avignon

C’est la première fois que je me rends à un stand up drag. Je dois dire que je ne suis en rien déçu. Le propos de Lolla Wesh est intelligent et son parcours est loin d’être simple et tranquille. Ce qui lui permet d’égratigner gentiment les hétéros et une société restée, somme toute, plutôt patriarcale. Tout ça avec une voix éraillée d’une tatie fumant ses deux paquets de gitanes par jour et une perruque blonde flamboyante.

C’est bien vu, car on prête oreille à ses propos. Et ça marche ! autour de moi l’adhésion semble totale. Pour ma part j’ai ri mais j’ai également appris et ressenti, par empathie, que le regard de l’autre pouvait être blessant, voire destructeur pour bien des gens.

Wesh, Lolla ! Merci d’exister et de bousculer une société qui se radicalise un peu partout…

Je déconseille tout de même ce spectacle aux enfants de moins de 16 ans. J’ai néanmoins cru comprendre que le souci de l’auteur était de vulgariser la question de genre pour les plus jeunes, ce qui semble lui avoir manqué dans sa propre jeunesse.

Talons aiguilles et poil aux pattes

Au théâtre de l’Ange
15 Rue des Teinturiers, 84000 Avignon

Pour commencer le festival d’Avignon j’ai été ravi de ce premier choix, léger et drôle. Deux filles, pétillantes et pleines d’énergie, se partagent la scène. Comme souvent, je pense, c’est à l’extérieur que se joue l’envie de se rendre ou non dans le Théâtre. Et en pleine rue, bondée, bruyante, ces deux filles ont réussi à nous stopper et à nous convaincre.

La pièce, elle, se révèle enlevée, légère et amusante. Après une soirée très arrosée c’est le blackout. Une amnésie d’autant plus troublante qu’elle semble voiler des péripéties particulièrement graves autour de la drogue ou encore d’un braquage…

J’ai bien aimé le jeu de ces deux actrices, avec des grimaces dignes d’un de Funès. Enfin, si une morale est à rechercher dans cette pièce, c’est d’éviter les abus qui rendraient insupportable le fait de retrouver la mémoire.

 

Yvonne

La bouche ouverte, le regard vide, empotée, Yvonne ne parle pas.

Elle est l’exact contraire de ce que le roi imagine marier à son fils. Il n’en fallait pas plus pour décider le Prince à l’épouser. Mais la seule présence silencieuse d’Yvonne suffit à faire tomber les masques et révèle la noirceur de chacun.

C’est sombre, parfois glauque, mais la pièce est empreinte d’une énergie particulière. La proximité de la scène, avec des acteurs qui s’invitent dans les gradins, nous rend complices de ce qui se trame. Ça gratte, ça dérange, mais au final c’est une des pièces aux images les plus marquantes.

Nous sommes également allé voir “Mon grand-père ce robot” et nous avons discuté avec des artistes dans les rues d’Avignon.

Mais ce que je retiendrai avant tout de ce voyage c’est la prestation d’Alinoah sur les planches. L’histoire est étonnante et tout à fait fortuite.
Le 13 juillet au soir, alors que l’on rentrait se reposer, nous sommes passés devant un bar dans lequel chantait une femme. Le côté “amateur” nous a fait penser qu’il s’agissait d’un karaoké. En entrant, nous avons été surpris de voir qu’il s’agissait d’une vraie scène. On s’apprêtait donc à partir lorsque le proprio, voyant la mine déçue d’Alinoah, lui a proposé de prendre le micro.

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