Lee Jeffries – Photographe
Quelles photos!
Ce que j’aime chez Jeffries c’est sa capacité à voir cette profondeur chez l’autre. Et l’autre, c’est celui devant lequel on passe sans le voir. Celui qui peut nous interpeller, nous incommoder et , insensés que nous sommes, nous contaminer de leur crasse pauvreté.
Regarder ses photos, c’est être enfin frappé par leurs regards, par leur beauté et enfin et surtout par leur humanité.
Regardons-les encore. On n’éprouve pas seulement un étrange malaise à voir leur misère, on ressent aussi une sorte de sympathie, oui, n’ayons pas peur des mots, on éprouve de la sympathie. Mais d’où vient-elle, bon Dieu, cette sympathie, depuis le début des temps, d’où vient-elle ? On ne sait pas. C’est une chose qui vous traverse le corps, les yeux, et qui prend la gorge et remplit la poitrine de larmes. C’est bizarre, la sympathie. On doit bien leur ressembler un peu à ces pauvres bougres. Car ce ne sont rien d’autre que de pauvres bougres, ce sont toujours les mêmes silhouettes fragiles, les mêmes grappes d’enfants, les mêmes loques.
Eric Vuillard – la tristesse de la terre
Pour plus de photos voici un lien vers son site!






